14/03/2007

Me voilou a Katmandu

Et voilou. Apres avoir finalise la decision de faire mes 4 prochains mois de stage non en Inde, mais... en France, j'ai pris un billet pour... le Nepal.

J'avance mes vacances d'ete, en quelques sorte. D'ailleurs, le temps est a peu pres aussi bon est beau que les gens.

Prendre un billet de train en derniere minute, faire les derniers au-revoirs, mon sac au dernier moment. Et en fin d'aprem, dimanche, prendre la route.4h de bus pour Chennai, puis une nuit, un jour, une nuit dans le train, et me voila a Kolkota, en train de partager une cigarette de 4h du mat' avec le taxi-driver qui me pilote dans les rues desertes, direction l'attente a l'aeroport.

Dans l'avion, je rencontre un couple de bengalis qui vient au Nepal pour un sejour des Narcotic Anonymous, une organisation internationale, similaire aux alcooliques anonymes, et spirituelle. Dans les turbulences, l'homme me lance un "Welcome to Himalaya", et que pour sa premiere fois, en 1973, le haschich etait en vente libre au Nepal. Aujourd'hui, Katmandu est un point de depart et d'arrivee de trekkeurs, bien plus qu'une destination beat nik ou le depart de voyages statiques des hippies.

Hier s'est improvisee une tournee des bars, avec un londonien fils de militaire d'elite qui va bosser au base camp de l'Everest, et une australienne de retour de trek ou elle a vu mourir un allemand. Danser boum boum sur la piste avec les nepalais, entre un beedhie et un bloody mary, apres avoir mange quelques typiques momos au son d'un concert de rock, avec une biere danoise.

Et demain, let's go to Lumbini, birthplace of the Buddha, where je vais (re)faire 10 jours de meditation Vipassana. La vie comme elle change et vient.

06/03/2007

Les chretiens sont (parfois) droles et chouettes

De ma belle voix, je suis alle donner une touche d'authenticite a une methode d'apprentissage du francais pour tamouls, pour aider un ami indien prof de francais. Sur la route vers le studio, a Chennai, on embarque une juive normande tutrice de francais en choridar super mauvais gout, et un pretre a priori stereotypique, la trente-cinquaine aux verres epais et a la calvitie plus que naissante, qui semble recroqueville sous une carapace de frustrations... oulala... On fait connaissance en route, ca s'annonce pas pire, ouverture d'esprit, complicites intellectuelles... a voir... A Chennai, la dynamique est enclenchee pour une journee de franche rigolade et d'echanges. Le pretre s'avere d'un humour debordant ponctuee de pitreries tordantes... ouf (ouf ouf). Il faut dire que le contexte aidait: je vous laisse vous rappeler ce que peuvent etre les dialogues d'une methode de langue, le ton qu'il faut employer, et si l'on rajoute qu'avec Bruno (le pretre), nous devions souvent changer nos voix en cours de route pour interpreter plusieurs personnages a la fois... warf ouwarf warf warf.

Rire d'un mime avec un sourd, rire d'incomprehension comme de comprehension, avec ou sans mots, sans langue maternelle. Rire...

Sourire aux millenaires

Entrevoir les millenaires

en un baillement de porte,

et remercier de sorte

qu'un vent caresse l'air.

 

Sourire, en cache-misere

d'une honte bientot morte,

aux sourires des cohortes

chantant les pas de leurs meres.

Réveil fécond

Le chant est encor bleu marine. Et lasse l’attente est aux matines. C’est l’heure où le Chanteur chauffe en silence les gammes, le saule balance à la brise en signe de salutation. L’humidité sombre des puits s’apprête à la  fécondation, et dans les draps s’éveillent les femmes.

 

Puis le Griot pose le pourpre de la toile en toucher des nues, et les gouttes sur les boutons timbrant le sentier des iris. A l’aplomb, la lune lit les silences, les vagues les altérations, l’oiseau les trilles boréales. La couleur est encore fragile avant que la blancheur n’éclate. Bouche née d’un lotus à l’aurore, baise encore, délicate, et soulève, ses pétales sur nos rêves.

Saule que ta branche suive éclectique nos courbes pour l’instant, tes griffes en rideaux nous enserrent en le temps. Et nous feignions le rêve, et l’apprivoisement.

 

Lentement, le fourreau sombre desserre son manteau feutré sur le fer de lame, et les âmes jaillies saignent d’un enfer doux. L’air se mêle à la peine qui rouille. Et la giclée de sang ranime sous nos yeux des ombres jonchées, étirant leurs volutes vers les spectacles écarlates.

Et là qu’une bise insémine un rire et l’électrique, et qu’elle trique nos corps gourds à petits coups. Nous rirons d’abord un long rire de sourd, sonnant la trêve en le dédale, lanterne humaine en saillie sur la nuit.

 

Chanteur, maintenant qu’attends-tu ? La voix est là, qui tremble d’un souffle puissant sur les derniers lampadaires, sur leur ombre et les pauvres butins éphémères des baisers qu’on y dérobe. Enlève aux lampes leurs danseuses, et charge les sur tes chariots. Griot mène les d’un galop, pour rejoindre l’étalon dans son lupanar d’Orient. Etirant des corps de reines, et délestées des vaines robes, ensemble elles illuminent l’athlète qui se gaine sur le départ de la course.

 

- Hommes remettons face aux vents ! Foin de l’avant ! Et laissons l’hier qui se pavane, et son lourd tombeau qui n’évente que sa couleur écœurante, incapable de blancheur vierge, et même impuissante au noir pur.

 

- Femmes prenez ces hanches qui nous ont portés ! Face au vent, la peau salée d’amours humaines, implorons bourrasque en la plaine, et du rire, et chantons ! Que l’une décroche la ronde, et menant la chaîne brisée, chante là, nue d’éternité.

 

Et tous nous danserons là-haut, dans les alpages, la transe en volupté transpirant la peau de la terre. L’air giflera sa liberté sur le visage, et nous en jouerons les arpèges. Le jour est là, en bal donné. Allons !


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Merci a Loic pour la photo 

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